Les relations entre la Régence d'Alger et les États-Unis d'Amérique à la fin du XVIIe siècle jusqu'à la première moitié du XVIIIe a fait l'objet d'une conférence donnée, jeudi après midi au Palais de la Culture d'Alger, par un officier supérieur de la Marine algérienne.Pendant deux heures, le colonel Chekroun a revisité l'histoire des relations entretenues par la Régence d'Alger et les États-Unis d'Amérique, au lendemain de leur indépendance, en 1779, jusqu'au départ du Dey d'Alger, à la suite de l'occupation française de l'Algérie, soit une page de l'histoire des deux pays couvrant une période de près d'un demi siècle (1785-1830).
Le conférencier a d'abord évoqué l'aide apportée par la Régence d'Alger aux indépendantistes américains, un fait qui, dira-t-il, est "occulté" par les historiens.
Cette aide, sollicitée par les représentants des insurgés américains contre la couronne britannique, a été acceptée et honorée par le Dey, mais devait demeurer secrète pour préserver les relations entre la Régence et l'Angleterre, alors considérée comme "Nation privilégiée" par la Porte Sublime (siège de l'empire ottoman auquel était rattachée la Régence d'Alger, ndlr).
Avec l'indépendance des États-Unis, les navires américains ont perdu la couverture qu'offraient les accords entre la Régence et la Grande-Bretagne en matière de navigation et se sont retrouvés en butte à la flotte algérienne patrouillant en Méditerranée occidentale, a rappelé le conférencier, qui estime que la Marine algérienne aux temps de la Régence a été un "stimulant essentiel" pour la construction de la flotte US.
Avant que les États-Unis ne se dotent d'une flotte propre et que celle-ci ne connaisse la puissance qui est la sienne depuis la deuxième guerre mondiale, ce pays a dû acheter la paix avec la Marine algérienne sous la Régence, a dit le conférencier. Pendant plusieurs années, a-t-il ajouté, la Marine algérienne a arraisonné des navires américains croisant en Méditerranée, réquisitionnant des marchandises et faisant prisonniers capitaines et hommes d'équipage, avant que des traités ne soient enfin signés au terme de longues négociations.
A ce propos, le colonel Chekroun rappellera avec une pointe de nostalgie que la Marine algérienne, au faîte de sa gloire, s'était même payée le luxe d'occuper Baltimore (sur la côte est des États-Unis) pendant 15 jours et que les capitaines de ses navires avaient fait plusieurs captifs, ramenés en Algérie.
A cette époque, les Rais algériens à la tête de la flotte algérienne étaient les maîtres de la Méditerranée occidentale, craints par toutes les puissances d'alors.
Source: Actualités du Maghreb


0